Et si le citoyen ivoirien n'existait pas
La brèche ouverte dans l’organisation du système politique national par le progressisme ivoirien au début des années 2000 s’est très vite refermée. En revendiquant exclusivement les investissements publics réalisés les quinze dernières années en Côte d’Ivoire, le RHDP a repris les codes d’une organisation politique qui place l’État central sur orbite et le met hors de portée du "citoyen".
À propos du livre
La brèche ouverte dans l’organisation du système politique national par le progressisme ivoirien au début des années 2000 s’est très vite refermée. En revendiquant exclusivement les investissements publics réalisés les quinze dernières années en Côte d’Ivoire, le RHDP a repris les codes d’une organisation politique qui place l’État central sur orbite et le met hors de portée du "citoyen". C’est un réflexe étatiste qui jure avec la demande républicaine dont le cœur battant est la souveraineté populaire, le contrôle et l’activité du peuple.
La démarche politique révèle de ce point de vue ce que la vérité sociologique a laissé comme empreinte sur un terrain de la praxis où le peuple, cantonné, est en réalité toléré. En contexte ivoirien, le peuple n’est que le prête-nom d’hégémons ou de groupes sociaux qui l’invoquent pour légitimer leur suprématie. Puisqu’il faut parler et agir au nom d’une puissance dans le concert des nations, en Côte d’Ivoire, le peuple sera une couverture, la République, un alibi.